Le transport des céréales en France, du grain à moudre pour les élèves ! | L'école des céréales

Le transport des céréales en France, du grain à moudre pour les élèves !

Depuis 2008, la thématique développement durable a fait une entrée remarquée dans le programme de géographie en collège. Avec des élèves de troisième, on peut aborder le sujet à travers la question  « Comment la France, première puissance agricole européenne et deuxième exportateur mondial de céréales, tente-t-elle de réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par le transport des céréales sur son territoire ? » 
 
Un sujet tout trouvé en cette période post COP21 pour faire le lien entre actualité et programme scolaire en troisième où les élèves doivent étudier à la fois le fonctionnement d'un espace de production agricole et les différents modes de transport en France.
 
Partir d’un constat !
 
En France, les transports intérieurs terrestres de marchandises sont largement dominés par le transport routier. 87,8 % des marchandises transitent par la route, 9,8 % par le rail. Bien qu'en progression constante, le transport fluvial ne représente lui que 2,4 %.
Pourtant ce mode de transport présente de nombreux avantages dans l'optique du développement durable :
  • 6 700 km de rivières et canaux sont aménagés  
  • Sur le plan économique le prix du transport fluvial de marchandises est compétitif (deux à quatre fois moins cher que par la route) 
  • Le transport fluvial concerne de nombreuses filières qui s’intègrent dans les chaînes logistiques internationales : la moitié des marchandises transportées sur le réseau national ont une origine ou une destination européenne.
  • C'est un mode de transport sûr qui génère peu d’accidents.
  • Il est à la fois sobre sur le plan énergétique et vertueux en matière d’émission de gaz à effet de serre.
Quel scénario pédagogique ?
 
1. Le transport des céréales : sur l'eau pour moins de CO2 !
 
Il faut d’abord expliquer comment la filière céréalière est constituée et comment elle organise le transport de céréales. On dit souvent que les usines de collecte et de transformation des céréales sont au bout du champ. 
Les céréales récoltées sont acheminées en tracteurs vers les négoces ou coopératives où elles sont stockées. Ces établissements se trouvent en général à une dizaine de kilomètres des champs. Ensuite les collecteurs livrent les céréales aux usines (moulins, amidonnerie, fabricants d’aliments pour le bétail…) qui se trouvent, le plus souvent, à moins de 200 km de la coopérative.
 

Lorsque les usines sont plus éloignées des collecteurs, c’est le cas de l’usines de pâtes de Marseille par exemple qui utilise entre autres du blé dur des régions Centre Val de Loire, Paca et Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, ce sont le transport fluvial et le fret ferroviaire qui sont privilégiés.

 
Un chiffre !
3.7 % du transport de produits agricoles et alimentaires se font par voie fluviale (contre 2.3 % en moyenne, toutes marchandises confondues). Ce chiffre montre l’avance que prend la filière céréalière par rapport aux autres acteurs économiques français. Néanmoins, les acteurs de la filière céréalière continuent de travailler à l’augmentation de la part du fluvial dans leur transports.
 
Pour comprendre l'impact positif que peut avoir le fluvial pour des transports moins polluants, on peut projeter cette vidéo retraçant l'initiative du groupe Soufflet pour réduire les coûts de transport et diminuer l'impact écologique :

Lauréat des 21 solutions climat soutenues par HAROPA (HAROPA est l'ensemble portuaire de l'axe Seine réunissant les ports du Havre, de Rouen et de Paris), le groupe Soufflet travaille à l'acheminement de grains sur le port de Rouen par voie ferrée et fluviale. Si la part du train est passée de 7 % en 2014 à 14 % en 2015 celle de la péniche sur les installations rouennaises de l'entreprise ont progressé de 25 % il y a quatre ans à 50 % cette année, avec un objectif de 60 % en 2018.  
Davantage de péniches sur la Seine chargées de céréales, c’est moins de camions sur les routes ! Quand on sait qu'une péniche peut transporter l'équivalent de 125 camions, les élèves saisissent vite l’intérêt écologique de la valorisation du transport fluvial (Source : VNF)
 
2. Le rail : un autre mode de transport durable 
Faute d’entretien, des voies secondaires du réseau ferroviaire français ne sont plus assez sûres pour des trains chargés de 1000 tonnes de grains. Malgré tout, plus de 10 000 trains Fret SNCF ont été dédiés au transport des céréales en 2015. Cette vidéo de la SNCF montre le travail d'un conducteur qui achemine quotidiennement des céréales de la terre à la mer.

 
Partenaire des coopératives céréalières, Fret SNCF assure chaque jour un approvisionnement à flux tendu. Des milliers de tonnes de céréales sont chargées sur les navires qui les transportent à l’exportation. 
 
Un chiffre !
10,2 % du transport de produits agricoles et alimentaire se font par rail (contre 9,4 % en moyenne, toutes marchandises confondues).
Par exemple, la filière céréalière en Franche Comté investit et noue des partenariats pour transporter ses céréales par voies fluviales et ferroviaires (lire l'article "Quand les céréales prennent le train et montent en bateau").
3. L’exportation de céréales – zoom sur le port de Rouen
 
On peut terminer ce tour d’horizon avec les troisièmes par l’étude du port de Rouen, premier port européen pour les céréales. Un petit reportage du journal Télévision de France2 (11/11/2015) permet de poser le cadre. Au carrefour de grandes régions productrices de céréales en France (Normandie, Picardie, Île de France), le port normand fait transiter près de huit millions de tonnes chaque année, soit la moitié des exportations françaises de blé. Si le premier client du port est l'Algérie, la Chine aussi s'approvisionne à Rouen ! Un document radiophonique expose l’actualité du port et la prise de conscience d’en adapter l’accès aux navires à fort tirant d’eau, pour maintenir une activité forte.
 
4. Un schéma de synthèse pour conclure

Pour clore la séance, les élèves peuvent retracer sur un fond de carte le parcours des céréales depuis la région Centre jusqu'aux différentes régions de France. Un bon moyen de fixer des repères géographiques tout en listant et hiérarchisant les modes de transport des céréales en France.

Quelques ressources pour aider les élèves à construire leur schéma :