La petite madeleine, le goût des céréales | L'école des céréales

La petite madeleine, le goût des céréales

Ou comment travailler ce sujet en classe ?
 
Eh oui ! C’est le début de la semaine du goût… Cela marque la fin de la première période. Cette phase de rodage où on découvre sa classe et ses élèves, où on s’adapte à leur rythme de travail, où on tente tant bien que mal de finir tout ce qu’on avait prévu de faire avant les vacances… Oups ! Oui, mais la semaine du goût, c’est avant tout une occasion agréable de travailler par projets sur des thématiques interdisciplinaires et un peu différentes. Et ça peut apporter un souffle nouveau aux élèves qui traînent un peu des pieds après ces sept semaines de reprise…
 
Alors, comment parler du goût avec les céréales ? Voici quelques idées…
 
Prenons la petite madeleine, témoin du goût des céréales. On pourrait la goûter, certes, mais l’activité serait un peu limitée. En revanche, les céréales peuvent être le point de départ d’une réflexion et d’une dégustation !
 
Commençons par la dégustation : à l’aveugle en classe, c’est super ! Le plus simple, c’est d’organiser des ateliers tournants. On peut imaginer faire goûter aux élèves des pains confectionnés avec des farines très différentes (blé plus ou moins complet, kamut, maïs, seigle…), du pop-corn, des flocons d’avoine, du riz, des galettes de sarrasin, etc. L’objectif est alors de leur faire découvrir ces aliments et le thème sur lequel ils vont travailler. On peut aisément adapter les aliments goûtés au niveau des élèves. Une séquence très complète, à destination des cycles 3, sur les céréales comme expérience sensorielle, est disponible ici, sur le site de l’École des céréales.
 
Après cette introduction sur les céréales, leur goût, les sensations générées, les souvenirs associés et induits, quelles autres activités peut-on réaliser pour prolonger la séance ?
 
Atelier de fabrication de pains
De la cuisine ? En classe, c’est souvent réservé à la maternelle… dommage, d’ailleurs ! Bien sûr, il faut que les locaux s’y prêtent, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais lorsque cela est possible, on peut réaliser – en primaire aussi ! – des madeleines, avec des farines issues de différentes céréales : blé, riz, riz complet, maïs, etc. L’idée, outre de travailler sur l’esprit collectif de la classe et le bien-vivre ensemble, est de montrer que la farine de blé n’a pas le monopole. Il existe de nombreuses recettes sur la toile et des blogs qui témoignent de leur intérêt et de leur faisabilité en classe… Plein d’autres idées de recettes à base de céréales et adaptées aux quatre saisons sont à retrouver dans le livre « Les céréales pour les p’tits chefs ».

 

En sciences expérimentales et en technologie, la petite madeleine est une accroche pour parler des objets techniques. Remontons un peu dans le temps : c’est l’occasion de parler des moulins, des engrenages, et pourquoi pas d’en fabriquer un ! Les engrenages sont l’un des systèmes élémentaires de transmission du mouvement. Ils sont révélateurs du monde construit par l’homme. On peut aussi aller visiter un moulin, s’il y en a un à proximité, pour donner du sens d’une part à cette construction humaine, d’autre part à la technicité employée : l’engrenage constitué de deux roues dont les dents s’emboîtent. Ce système d’engrenage permet d’augmenter ou de réduire une force ou une vitesse. Les ressources en ligne ne manquent pas : voici un exemple de séquence, un module plus vaste sur les objets techniques, un tâtonnement expérimental « Comment ça marche un moulin » ? Certains moulins proposent même des ateliers de fabrication… Plus simplement, en classe, on peut proposer des ateliers avec des moulins à café pour transformer, par exemple, des grains de blé en farine. À utiliser sans modération !

Filières qui servent à donner leur forme aux pâtes
Filières qui servent à donner leur forme aux pâtes
Quand les élèves ont bien cerné les principes d’engrenage, il est alors plus facile d’aborder la question des filières céréalières dans leur ensemble, comme celle du grain de blé jusqu’à son utilisation à table. La recherche peut se faire par tâtonnement en interrogeant les élèves sur les différentes étapes qu’ils imaginent. On peut alors partir de leurs propres représentations pour construire la ou les séance(s), la problématique étant : comment passe-t-on du blé au pain et du blé aux pâtes ? On questionne, on discute, on approfondit, on complète... bref, une vraie démarche de petits scientifiques ! Une vidéo du pacours du grian de blé à la farine et puis au pain est disponible ici, pour illustrer. Et pour fabriquer les pâtes, comment fait-on ? Deux dossiers pédagogiques Du blé tendre au pain et Du blé dur aux pâtes permettent d’expliquer ces deux filières : affiches, fiches d’activités, portraits de meunier, de responsable de silo, de fabricant de pâtes, etc. De vraies mines d’or... Le blé n’aura plus de secrets pour vos élèves !
 
Pour finir, la petite madeleine en classe, c’est aussi l’occasion d’évoquer Proust… Le questionnaire de Proust de 1886 peut s’avérer pertinent pour travailler sur le portrait et demander à chaque élève de se présenter de manière originale. Ici, il est utilisé en poésie. Bien sûr, il faut l’adapter à ses élèves. Enfin, même si l’œuvre de Proust est peu accessible à l’école primaire, rien n’empêche de parler des « madeleines de Proust », et d’expliquer comment des « souvenirs involontaires » nous reviennent à l’esprit avec l’apparition d’une image, d’un son, d’une odeur… comme le goût ou l’odeur de la madeleine.

 

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