S’éveiller au métier de meunier | L'école des céréales

S’éveiller au métier de meunier

Dans son parcours scolaire et notamment en classes de troisième et de terminale, l’élève – mais aussi ses parents – est confronté, à la question cruciale de l’orientation ! Difficile souvent pour eux de répondre à l’oppressante question : « Sais-tu déjà ce que tu veux faire plus tard ? », faute d’exemples concrets ou de vision précise des métiers et de leur univers. Les dispositifs AFFELNET* en collège et APB** en lycée invitent cependant tous les acteurs à se mobiliser et à s’interroger en vue de les aider à trouver leur voie.

L’École des Céréales a rencontré M’hamed FAOURI, directeur d’un établissement situé en Charente-Maritime, qui forme chaque année lycéens et étudiants aux métiers de l’agroalimentaire, selon différents niveaux (Bac Pro, BTS et licence) et filières (céréales, lait, etc.) : l'ENILIA-ENSMIC. Une école qui se préoccupe de la réussite de ses élèves en les préparant au mieux pour qu’ils obtiennent leur diplôme, et surtout – gage plutôt rassurant aujourd’hui – qui leur garantit un emploi à la sortie. M’hamed FAOURI nous a ouvert les portes de cette école chargée d’histoire, regroupant deux entités (l’École Nationale d'Industrie Laitière et des Industries Agroalimentaires – ENILIA et l’École Nationale Supérieure de Meunerie et des Industries Céréalières - ENSMIC) qui ont presque 200 ans d’existence et d’expérience dans les domaines de la formation, de l’expérimentation et de l’insertion professionnelle en cohérence avec les attentes de la profession.­­­

Se former avec les vrais outils

Les missions de cet établissement public sous tutelle du ministère de l’Agriculture sont nombreuses. Outre la formation, l’insertion scolaire, l’animation des territoires et la coopération internationale, il a en charge l’expérimentation et le développement de la filière. À ce titre, l’école s’est dotée de ses propres outils techniques, en mettant sur pied des ateliers technologiques. Ainsi, précise M’hamed FAOURI, élèves et étudiants disposent « de matériel industriel et semi-industriel avec lequel, ils peuvent se faire la main, en se retrouvant en conditions réelles sur des produits, avec les normes de production et de sécurité en cours ».

Un moulin avec une technologie de pointe a été construit sur le site de l’école dans lequel vont pouvoir se former les futurs meuniers, les responsables de moulin, etc. Mais, à l’école, leur apprentissage, ne se limitera pas aux gestes du meunier ! La nécessité de comprendre tout l’univers métiers et la chaîne de production a conduit l’école à déployer des ateliers dédiés aux activités amont et aval, pour former les élèves à tous ces métiers, de la production à la commercialisation en passant par la transformation, le conditionnement, le stockage, le marketing, etc. Ils disposent ainsi d’une « unité de boulangerie – briocherie – viennoiserie avec des installations techniques très performantes conformes à celles qui existent dans les entreprises. Nos élèves peuvent apprendre à faire du pain, non pas pour devenir des boulangers, mais pour connaître leurs besoins et maîtriser les farines qu’ils devront mettre à leur disposition lorsqu’ils seront meuniers ! »

Un vaste champ de compétences
 

Des métiers méconnus alors que totalement inscrits dans les réalités du monde moderne, lesquels, on l’aura compris, requièrent de solides connaissances et une appétence pour l’innovation et les remises en question régulières sur leurs pratiques et leurs outils !

On est bien loin de certaines idées reçues sur le niveau de qualification des professionnels  dans ce secteur. M’hamed FAOURI met en garde : « Il faut être bien formé ! Bac +2/Bac +3 et pour certains postes, un diplôme d’ingénieur, même si, on a bien sûr besoin d’opérateurs qui ont le niveau Bac mais qui devront aussi être formés ! ».

Autant de postes pour lesquels les apprenants doivent acquérir des bases solides ! « Un chef meunier ne peut avoir moins d’un BTS ou d’une licence, car il doit posséder de bonnes connaissances dans les domaines de la biologie, de la microbiologie et de la biochimie, mais aussi sur les questions économiques (connaître les cours des matières premières) et logistiques (savoir gérer les tonnes de grains réceptionnées en périodes de récoltes), sur les technologies industrielles (le moulin d’aujourd’hui  est une outil sophistiqué qui requiert, entre autres, des connaissances informatiques sérieuses) tout en maîtrisant les enjeux commerciaux et les questions liées aux ressources humaines ! » Sur ce point, le directeur de l’ENILIA-ENSMIC rappelle que le secteur agroalimentaire est sensible et a besoin de collaborateurs non seulement compétents mais également responsables : « Il y a des enjeux de sécurité alimentaire qui sont, selon les publics, plus ou moins complexes : nul doute que les produits à destination des publics sensibles (l’alimentation infantile, les personnes malades et les personnes âgées) reposent sur des normes et des protocoles spécifiques. »

 
Accéder à des emplois valorisés
Concernant les perspectives d’évolution, le secteur de la meunerie s’est doté en 2012 d’une nouvelle classification de ses emplois. Le nouveau système de classification a pour objectif notamment de donner aux salariés des perspectives d’évolution.
Les classifications de branche sont par ailleurs complétées par un système favorisant le développement des parcours professionnels notamment par la prise en compte des acquis de l’expérience professionnelle du salarié.
Une grille de salaires minima est rattachée à cette classification et négociée chaque année dans le secteur.
Concernant les salaires (voir encadrés ci-dessous) M’hamed FAOURI rappelle que  « La filière a modernisé son système de rémunération et d’évolution ». « C’est un secteur avec des perspectives d’évolutions ! » ajoute-t-il. «  Pour un étudiant qui sort à 22 ans avec un BTS, il n’est pas rare de le retrouver, 4 à 5 ans plus tard, dans un poste à responsabilité» !
 
Les salaires minima dans la meunerie
  • Ouvriers/employés : 1482 à 1636€*
    (ex.  Manutentionnaire, agent de maintenance, approvisionneur, gestionnaire de stock, cariste, conditionneur, conducteur ou contrôleur de machine, aide comptable, gardien, standardiste, chauffeur, agent de laboratoire…)
  • Agents de maîtrise : 1724 à 1952€ *
    (Responsable de production, responsable de maintenance, technico-commercial, responsable laboratoire, animateur de ventes, chef d'entrepôt, chef d'équipe, secrétaire de direction, etc.)
  • Cadres : 2285 à 4206€* (ex : Responsable QHSE, responsable de site, responsable administratif)
*montants bruts de la rémunération mensuelle minimum figurant dans la conventions collective nationale de la branche Meunerie

 

Pour aller plus loin

Formations et diplômes (voir tableau récapitulatif)

  • Brevet professionnel Industries agroalimentaires
  • BTS Industries céréalières
  • Certificat de spécialisation Industries céréalières (spécialisation à partir du niveau III seulement)
  • Licence professionnelle IAA (option "industries des céréales")
  • Diplôme d'ingénieur Industries céréalières

 

Les métiers que l’on peut exercer dans la meunerie : 

 
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GLOSSAIRE :
*AFFELNET : Affectation des Elèves par le Net
**APB : Admission post bac