Connaissez-vous les métiers de la collecte et du commerce agricole ? | L'école des céréales

Connaissez-vous les métiers de la collecte et du commerce agricole ?

En cette période de choix d'orientation pour les collégiens et lycéens (Admission Post Bac), l’École des céréales vous propose de découvrir des métiers de la filière céréalière méconnus.
Du grain  aux produits céréaliers (pain, pâtes, biscuits, gâteaux, bières…), les débouchés professionnels sont aussi nombreux que divers. Commençons par un zoom sur les métiers de la collecte et de la commercialisation des céréales qui sont exercés au sein de 169 coopératives et 400 négociants agricoles. Fabien Vallaud, de la structure de conseil Négoce Expansion (structure qui promeut l’image des entreprises du commerce agricole et attire les nouveaux talents) a accepté de nous présenter les métiers du commerce agricole et de s’arrêter plus particulièrement sur ceux qui aujourd’hui offrent des emplois stables et intéressants quel que soit le niveau de qualification des candidats. L’occasion aussi de revenir sur quelques idées reçues souvent tenaces…
 
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L’École des Céréales : Quelles sont les activités qui définissent le périmètre du négoce agricole et plus largement du commerce agricole ?
 
Fabien Vallaud : Il est très étendu. Il va du conseil technique et agronomique aux agriculteurs (choix des semences, produits phytosanitaires, engrais, aliments pour le bétail) à la première commercialisation des céréales et oléo-protéagineux en passant par la collecte, le stockage et le transport.
 
Le négoce, acteur clé de la filière céréalière
 
 
L’École des Céréales : Sans entrer dans le détail des métiers correspondants à chacune des activités, quels sont ceux pour lesquels les négociants agricoles déploient un effort particulier ?
 
Fabien Vallaud : Les entreprises du négoce agricole offre de nombreuses opportunités d’emplois sur un grand nombre de métiers, mais il est vrai qu’elle recherche principalement des conseillers en culture (Conseillers agronomiques préconisateurs), des acheteurs de céréales, des chefs de silos et des chauffeurs-livreurs.
 
Les conseillers en culture ou conseillers agronomiques préconisateurs, appelés jadis les technico-commerciaux, ont pour mission de guider les agriculteurs dans leurs itinéraires techniques, incluant le choix des pratiques agricoles et d’agrofournitures (semences, produits phytosanitaires, engrais et aliments du bétail) et aussi de les leur vendre. Ils représentent plus de 25 % des salariés de nos TPE/PME ! Pour devenir conseiller agronomique, il faut avoir une bonne vision du monde agricole avec des connaissances agronomiques (de Bac + 2 à Bac + 5) tout en ayant développé des dispositions commerciales. C’est un métier très vivant !
 
 
Le personnel d’exploitation des silos (chef de silo, agent de silo, magasinier) requiert des profils de métiers à expériences multiples. Le candidat devra ajouter à sa connaissance de la filière céréalière des compétences techniques de maintenance (qui varient avec les saisons) ou encore des compétences relationnelles.
 
L’École des Céréales : Pourquoi ces métiers ne trouvent-ils pas suffisamment de candidats ?
 
Fabien Vallaud : Les raisons sont diverses. Le secteur souffre d’une trop faible attractivité. Historiquement, l’expansion des activités du tertiaire a contribué à inciter la désertion du monde rural. Le monde globalisé a plutôt exagéré cette tendance avec les promesses de carrière à l’international ! Et enfin, il y a surtout une simple méconnaissance de notre secteur. On connaît mal nos missions de conseil aux agriculteurs et d’organismes collecteurs de céréales. C’est pourquoi, un grand nombre d’étudiants ne perçoivent pas toujours les opportunités qui existent en général dans notre secteur et, en particulier, pour le métier de conseiller en culture/conseiller agronomique.
 
L’École des Céréales : Au-delà des idées reçues, quelles sont les raisons qui peuvent conduire des jeunes à rejoindre les entreprises du commerce agricole et quelles actions conduisez-vous pour sensibiliser les jeunes à cette offre ?
 
Fabien Vallaud : Il faut d’abord leur faire prendre conscience qu’aujourd’hui ces entreprises de négoce et de commerce agricole ont grandi et se sont adaptées aux réalités du monde moderne. C’est pourquoi, le rôle de Négoce Expansion est d’encourager les acteurs de ce secteur à multiplier des actions de communication, à s’ouvrir aux jeunes en organisant des journées portes ouvertes, en se déplaçant dans les écoles. Développer un site Internet et le faire vivre en créant par exemple des espaces emplois et carrières ! Depuis 2013, Négoce Expansion a d’ailleurs mis en place au niveau national un partenariat avec Viadeo, afin de rendre nos métiers plus visibles avec un espace de recrutement dédié qui commence à attirer de nombreux candidats !
 
L’École des Céréales : Que diriez-vous enfin à ces jeunes qui bien souvent hésitent à s’engager dans une voie professionnelle plutôt qu’une autre ?
 
Fabien Vallaud : Le secteur du commerce agricole et agroalimentaire garantit des emplois, ce qui en ces conjonctures difficiles de chômage dans grand nombre de branches, constitue une promesse non négligeable ! Des emplois stables avec des embauches qui s’inscrivent dans la durée. C’est un secteur avec de nombreuses entreprises familiales, pérennes, dans lesquelles chacun peut trouver une place, dès lors qu’il dispose de savoir-faire et de savoir-être ! L’agriculture en général et le commerce agricole en particulier constituent des secteurs dynamiques d’avenir ! L’homme devra toujours se nourrir et la France restera encore longtemps une terre fertile pour répondre à nos besoins et au-delà de ceux de nos voisins européens ou encore plus lointains. S’orienter dans l’agricole, c’est la garantie de trouver du travail, dans un secteur dynamique et prospère. 
 
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